Rente de Situation

taxiLe débat soulève une nouvelle fois les passions.
Mais la raison [d’état] prend une nouvelle fois le dessus.
Plutôt que d’affronter les lobbies, le gouvernement (comme ses prédécesseurs) se défile, refuse l’affrontement.

Rente de Situation Qu’est-ce donc exactement ?
Une rente de situation est un surplus de rentabilité (parfois appelé sur-profit) qu’obtient une entreprise ayant ainsi un avantage compétitif. En deux mots, une rente de situation achète une position réservée qui est par définition immatérielle.

pharmacieQuelle sont les plus belles rentes ?
Par principe une rente de situation peut déjà exister par la simple limitation de nombre. On fixe un quota sur une profession, et donc on réserve à ce nombre limité le monopole de la fonction limitée.
Dans les plus belles rentes on peut compter:
les taxis
les pharmaciens
les notaires
les huissiers
Les auto-écoles…
mais il existerait plusieurs dizaines de professions réglementées, donc de rentes de situation.

notaireCombien ça coûte ?
Prenons un exemple et calculons simplement.
Une licence de taxi vaut, sur Paris, environ 250.000€. L’artisan taxi achète cette rente et emprunte la totalité qu’il amortit sur 20 ans. A 3% + assurance, le montant des mensualités s’élève à 1260€/mois. Puisqu’il travaille 21 jours par mois, il fait donc supporter au consommateur 60 euros de sa rente par jour travaillé. Si il fait 13 courses par jour sur Paris (moyenne constatée), le client paye 4,60€ par course au titre de la rente de situation. On peut donc estimer que 25% de la course ne correspond qu’à cette surtaxe. Énorme non ?
On pourrait faire le même calcul pour un huissier, un notaire, une auto-école qui, pour l’essentiel, s’approprient les clients du secteur sur lesquels ils ont le monopole.

Et si on libéralisait ?
Si on libéralisait, on verrait ces métiers réglementés jouer la concurrence comme tout commerçant ou artisan lambda qu’ils auraient dû rester. Pourquoi contingenter une auto-école et pas un plombier, un chauffagiste, un garagiste. D’autant plus que ces métiers réglementés n’apportent pratiquement rien sur le service; transporter une personne d’un point A à un point B, délivrer une ordonnance pré-remplie, écrire un acte notarié standard, il n’y a pratiquement aucun valeur ajoutée. Alors qu’un artisan peut être jugé sur la qualité de son travail, sa dextérité et le rendu du service.
Alors, pour une fois, joignons notre discours à nos actes. Si tous les gouvernements ont promis de s’y attaquer, pourquoi aucun n’ose aller au bout ? Ah oui, peut-être parce que, à force d’emmagasiner des magots, les lobbies ont assez de pouvoir (financier) pour étouffer les velléités du parlement une fois les députés élus … avec l’argent des lobbies et des financiers.

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